Jean-Luc Mélenchon pose problème, mais ostraciser la gauche radicale française est une stratégie ratée | Rokhaya Diallo

Rokhaya Diallo - TheGuardian - 24/03
Il est peut-être temps qu’une nouvelle génération prenne la tête de La France Insoumise. Mais les élections locales ont montré la résilience du mouvement, estime Rokhaya Diallo, chroniqueuse au Guardian Europe.

Alors que les résultats des élections locales françaises sont connus, il est utile de réfléchir aux changements de frontières morales dans le débat public qui a caractérisé la campagne. Dans les semaines précédant le premier tour du scrutin du 15 mars, les critiques dirigées contre le parti de gauche radicale La France Insoumise (LFI) et son leader conflictuel, Jean-Luc Mélenchon, ont atteint de nouveaux niveaux d'intensité. Mélenchon était devenu, semble-t-il, le « méchant » incontesté de la vie politique française.

Pourtant, pour la première fois de son histoire, la gauche radicale contrôle désormais plusieurs villes – dont Saint-Denis, la deuxième plus grande municipalité de la région parisienne et, après le second tour de dimanche, Roubaix, l’une des villes les plus pauvres de France, auparavant contrôlée par la droite.

La campagne a été attisée par un événement spécifique : l’assassinat à Lyon le mois dernier d’un militant d’extrême droite de 23 ans. La mort violente de Quentin Deranque a provoqué une onde de choc politique à l’échelle nationale, la direction de LFI, et Mélenchon en particulier, étant attaquée de toutes parts. Deranque a été roué de coups lors de violents affrontements entre des partisans d'extrême droite et un groupe antifasciste appelé La Jeune Garde. La confrontation a coïncidé avec une manifestation contre une conférence organisée dans la ville par une députée europé...
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